On le voit bien, nos joueurs n’en ont rien à branler. Pourquoi ne pas nommer à leur tête un ouf qui leur mettra des balayettes ?
L’Euro des français vient de s’achever, et le constat est pitoyable. Pas d’envie, une crispation permanente, et un niveau de jeu affligeant. Mais le pire, c’est quand on pense à l’avenir. Avec qui repartir ? Benzema, Ribery, M’Villa, Nasri, Ben Harfa, Menez, Rami, Clichy ? Sérieux ? Bah, pas le choix. Ce ne sont pas des flèches, certes, mais ce sont nos meilleurs joueurs, ils ont 25 ans, ça sera donc eux.
A noter que tous ces mecs ont un point commun : ils s’en battent les couilles. D’être là, pas là, de gagner, de perdre, pour eux, c’est la même. Jouer pour l’Equipe de France relève clairement de la corvée, ça se sent. Ils préféreraient être en train de faire du jet ski avec leurs potos à Miami. Et on peut les comprendre. Pour cela, il suffit de se mettre dans la tête d’un mec de cité de 25 ans, qui ne kiffe pas spécialement le foot ni la France, mais plutôt l’oseille, la rigolade et les meufs.
Et pourquoi pas, après tout ? A part le politiquement correct, qui ne les atteint pas, on ne peut pas obliger ces gens à vouloir gagner l’Euro, à s’agenouiller devant le drapeau, à être potes entre eux, ou même à être des exemples pour la jeunesse.
En club, ils sont payés, ils ramassent leur oseille en étant performants, et sont traités comme les stars qu’ils sont. De plus, ils sont assez isolés dans leur délire de « lascar » français, ce qui leur permet d’en sortir un peu.
Mais une fois le maillot bleu sur les épaules, ils se font infantiliser, insulter, pour faire un job bénévolement, en plus ? Pour eux, c’est une arnaque, une grosse banane. Alors ces gars-là font ce qu’ils veulent, et n’en ont strictement rien à branler de ce que le gros poivreau franchouillard qui lit l’Equipe au bar pense d’eux. Ca s’appelle la mentalité « caillera », on aime ou on n’aime pas. En tout cas, elle est omniprésente chez notre fameuse génération 87, et il faudra faire avec.
Et là se profile le problème du coach. On a bien vu que la solution Laurent Blanc n’était pas valable. Le soi-disant « Président » n’a rien présidé du tout, et s’est fait bouffer tout cru comme Domenech. Et le remplacer par Deschamps ou tout autre babtou vintage n’aura aucune influence sur ces têtes brûlées. Ces gars-là ne savent pas parler aux cailleras. Leur propos, leur valeurs, leur consignes, leur palmarès, leur compte en banque : rien d’eux n’inspire le respect à des mecs comme Benzema ou Ribery, qui jouent dans les plus grand clubs et qui ont des légendes vivantes comme entraîneurs à l’année.
Voilà pourquoi il faut un entraîneur caillera à l’Équipe de France. Un mec qui s’embrouille, qui a un champ lexical et un look adaptés à ses interlocuteurs ! On reviendrait à une logique de cité, où il y a les Grands et les Petits, et où les patates dans la gueule fusent à toute vitesse.
Mais alors, qui ? Le phénomène caillera étant assez récent, il serait forcément jeune… On penserait bien à un Makelele ou à un Vieira, mais ils ne sont hélas pas assez cons et semblent assez embourgeoisés. Djibril Cissé, ça pourrait être fun, mais son côté trop fashion pourrait en agacer certains. Non, vraiment il n’y en a qu’un qui y arriverait. Candidat idéal, déjà entraîneur de surcroit en Chine, blindé d’oseille, chantre absolu de la mentalité lascar dans le foot, c’est l’excellent Nicolas Anelka. Les insultes de Nasri au journaliste de l’AFP ne sont-elles pas qu’une pâle copie de ses insultes à Domenech en 2010 ? De plus, son swag inspirerait forcément le respect à Jeremy Menez.
Pour le convaincre, il va falloir allonger, par contre.
